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Hommage à François Redhon (1948-2026)

mardi 13 janvier 2026

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès de François Redhon, qui a tant fait pour les musiques traditionnelles en Normandie et en Mayenne.

François Redhon compte parmi les personnes qui ont marqué de leur empreinte le champ des musiques traditionnelles dans notre région.

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Collectage avec Michel Colleu chez M. Raymond Vincent à Maulévrier-Sainte-Gertrude (76) en 1978. Cliché Jean-Marc Coquerel.

Professeur de français et de littérature au Havre, il a une sensibilité pour les musiques traditionnelles qu’il entend, au cours de ces années 1970, au travers de groupes comme Malicorne et Mélusine. C’est sa rencontre avec Michel Colleu, à l’occasion d’un concert que donne ce dernier en 1978 dans une Maison de la Culture du Havre, qui change son horizon. Il découvre qu’il existe des musiques traditionnelles en Normandie et qu’il y a encore possibilité de les recueillir. C’est le déclic. Il démissionne peu après de l’Education Nationale et quitte Le Havre pour venir s’installer dans le Bocage ornais et s’adonner à la collecte. Il y conduit, avec Anne Piraud qui le rejoint, de nombreuses enquêtes qui permettent de sauvegarder les richesses du patrimoine oral local. Il les transmet au travers de stages, soutenus par Orne Animation et son directeur Georges Bertin, il joue cette musique au sein des groupes Jolie Brise puis Le Fouette-Chat. Il publie également : articles, disques de collectage, disques de ses groupes.

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François Redhon en collecte chez Albert Mauger (à l’accordéon) à Juvigny-sous-Andaine au début des années 1980 (Cliché Michel Poussier).

Non content de la Normandie, il poursuit sa collecte en Mayenne à partir de 1982 à l’invitation de l’association Recherche et Sauvegarde des Coutumes Mayennaises, en révélant là encore des trésors. Il démarre également une thèse en ethnomusicologie sous la direction de Jacques Cheyronnaud et suit les séminaires du Musée national des arts et traditions populaires.

Tout cela, c’est avant un autre moment clé quand, en 1984, il rencontre une magnétiseuse qui lui révèle ses dons en ce domaine. Une nouvelle page se tourne : François devient magnétiseur-radiesthésiste, profession qu’il a exercée jusqu’à la retraite, et il remise alors collectes, études et pratique musicale.

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Réunion des groupes Le Fouette-Chat (Anne Piraud et François Redhon, au centre) et La Ribote (Rémi Couvez à gauche et Philippe Gleises à droite) pour le disque "Frappe ton pied cont’ le mien - Un bal traditionnel en Basse-Normandie" en 1981.

Ces dernières années, sa santé lui jouait de mauvais tours. Elle a eu raison de lui. François a été un compagnon de route de La Loure à sa manière : à distance car cela lui allait bien. Nous nous estimions mutuellement : nous pour le travail énorme qu’il avait accompli en finalement peu d’années et lui pour le flambeau que nous avions repris en Normandie, dans son sillage et celui de quelques autres.

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François Redhon, lors d’un entretien chez lui en 2023. Cliché Yvon Davy.

Il nous laisse ses diverses productions et également le fonds de collectage qu’il a constitué avec Anne Piraud, déposé aujourd’hui aux Archives départementales de l’Orne à Alençon, que nous avons décrit et qui est consultable aujourd’hui sur la Base du patrimoine oral de Normandie.

Salut François, et merci pour tout.